Au Royaume-Uni, plusieurs centaines de projets de solidarité numérique s'apprêtent à recevoir une part du fond gouvernemental de 30 millions de livres (environ 34 millions d'euros) destiné à aider tous les britanniques à accéder aux services publics en ligne. Annoncé en décembre dernier, lors de la publication du rapport "pour un gouvernement plus intelligent (smarter government)", il a pour objectif de connecter un million de personnes d'ici la fin de 2012.
Vinnova, l'agence gouvernementale suédoise de l'innovation a publié un rapport sur "l'administration électronique de demain". Dans ce rapport, quatre scénarios à l'horizon 2020 sont étudiés.
L'intérêt réside dans sa manière de présenter ces scénarios, sans aucun tabou. Ainsi les auteurs n'hésitent-ils pas à envisager la privatisation des services publics en ligne, les différentes administrations ne parvenant pas à se mettre d'accord entre elles pour proposer une plateforme unique. On verrait alors un acteur privé proposer plus efficacement l'accès à un portail de services publics. Un autre scénario envisage une véritable coproduction des services en ligne, grâce à une forte présence de l'administration dans les réseaux sociaux.
Quelque soit le scénario retenu, on comprend surtout qu'un nouveau style d'administration va émerger au cours de cette nouvelle décennie.
Peut-on imaginer une sorte de "Google Services Publics" dans le futur ? Ou une "société Big Brother" dans laquelle le public estimerait que la simplification de ses démarches est plus importante que les risques liés à la protection de ses données personnelles ?
C'est ce qu'a révélé Eleana Gordon, fondatrice du Centre pour la Liberté au Moyen-Orient, en présentant sa dernière initiative, l'Institut de l'Activisme en ligne, lors du Forum Mondial de l'e-Démocratie, à Issy-les-Moulineaux. L'Institut permet aux femmes du Proche Orient d'accéder à des outils pour "transformer leur rêve de changement en action". Son témoignage illustre la montée en puissance de l'e-Démocratie dans cette région du monde.
Le Centre pour la Liberté au Moyen-Orient (CLIME) est un organisme sans but lucratif qui soutient les défenseurs des valeurs démocratiques, de liberté et de tolérance au Moyen-Orient. A travers son réseau de militants, le CLIME préconise une transition pacifique vers des systèmes politiques qui protègent les libertés individuelles, permettent une pleine participation politique et favorise le respect du pluralisme ethnique, religieux et politique. Directeur du CLIME aux États-Unis, Eleana Gordon coordonne une équipe bipartisane qui propose aux réformateurs un véritable accompagnement dans la gestion des campagnes de sensibilisation en faveur du processus démocratique.
Le but de "l'Institut de l'Activisme en ligne", est d'enseigner "l'activisme" par l'apprentissage, les vidéos et un tutorat virtuel. Après un an de développement, elle a lancé, cette année, la formation de 90 femmes en Egypte et en Jordanie. L'Institut, basé au Caire, à Amman et à Washington, projette d'étendre ses activités.
Ses cours en ligne concerne aussi bien les questions de violence domestique que de droit de vote des femmes. Ils sont destinés à apprendre comment cibler une audience, comment diffuser un message, ou comment prendre la parole en public.
Comment
promouvoir les activités de lutte contre la corruption dans les
pays où l'environnement politique est difficile pour les organisations non gouvernementales ou les journalistes comme au Moyen-Orient? Grâce l'Internet, soutient l'égyptien Ibrahim Hany, fondateur du site "Nazaha" qui signifie en arabe "transparence et intégrité". Sélectionné parmi le Top 10 de ceux qui contribuent à changer le monde de la politique et de l'Internet par PoliticsOnline, il expliquera, lors du Forum Mondial de l'e-Démocratie, comment sensibiliser le public arabe à ces questions.
La Suède, classée N°1 dans le classement annuel des Nations Unies sur l'e-Gouvernement, préside l'Union Européenne au cours du second semestre 2009. C'est à ce titre qu'elle est Invitée d'honneur du Forum Mondial de l'e-Démocratie. L'Ambassadeur de Suède en France viendra y présenter les grandes tendances du développement numérique de son pays. Un pays de longue tradition démocratique qui vient d'élire au Parlement Européen un élu du "Parti Pirate", représentant d'Internautes partisans du partage gratuit sur le web.
Autre invitée du Forum e-Démocratie 2009 : Malmö, troisième ville de Suède, qui accueillera du 18 au 20 novembre prochains la conférence ministérielle européenne sur l'e-Gouvernement. Durement frappée par la crise des années 70 et 80, Malmö s'est modernisée grâce aux TIC et au développement durable. C'est Mme Carina Nilsson, présidente de l'e-Comité de la ville Malmö, dont elle est maire-adjointe, qui présentera les initiatives de sa ville.
Partenaire du Forum Mondial de l'e-Démocratie, la société française Bull vient de signer un accord de coopération stratégique avec la société Serpro (Serviço Federal de Processamento de Dados), le centre informatique du gouvernement fédéral brésilien, pour développer conjointement des technologies open source pour l'administration électronique.