"Les idées exprimées sur internet nous sont favorables à 20% et hostiles à 80%", estimait peu avant les élections législatives du 11 avril Lee Jun-seok, un expert informatique formé à Harvard chargé par le parti conservateur Saenuri de renforcer sa présence sur la Toile. "Dès qu'on dit quelque chose sur notre parti, on est attaqué", constatait-t-il. La "génération Twitter" était clairement du côté de l'opposition, dans l'un des pays les plus connectés au monde. Les cinq politiciens les plus suivis sur Twitter sont d'ailleurs tous issus de l'opposition, tandis que le leader du parti conservateur, Mme Park Geun-hye, n'arrive qu'au huitième rang avec 180.000 followers, selon Koreantweeters.com. C'est pourtant bien le parti conservateur qui a remporté le scrutin, avec 152 sièges sur 300 au Parlement. Selon les analystes, la faible participation des jeunes électeurs (le taux de participation global a été de 54 %) a probablement contribué à la défaite de l'opposition. La BBC rappelait qu'il y a à peine six mois, un novice sans soutien politique avait été élu la mairie de Séoul grâce aux jeunes électeurs et à une campagne fortement orientée "web friendly".