On ne l'entend pas beaucoup mais la couleur politique du Parlement Européen doit influencer la composition de la future Commission Européenne. Celle-ci est, en effet, désignée par les Etats de l'Union Européenne pour un mandat de cinq ans après l'élection du nouveau Parlement. Le choix du Conseil Européen, qui réunit les chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union, doit être approuvé par le Parlement Européen.
Il y a cinq ans, le Parlement Européen avait publié sur son site Internet les auditions des commissaires européens. On peut, aujourd'hui, tirer le bilan des engagements de chacun d'entre eux en consultant ou en écoutant leurs réponses (c'est ici). Si le Traité de Lisbonne est définitivement adopté par tous les pays membres, il prévoit même que le Président de la Commission Européenne soit élu par le Parlement, sur proposition du Conseil Européen. Cela légitimera davantage les décisions d'une commission qui est aujourd'hui responsable devant les députés européens. Même si une motion de censure doit recueillir une majorité des 2/3, c'est un pas important en direction d'une plus grande légitimité démocratique des actes de la Commission Européenne.
C'est pourquoi, dans les coulisses de la politique européenne, que l'on peut suivre grâce le blog du journaliste Jean Quatremer, on s'active beaucoup autour de la candidature de José Manuel Barroso à un nouveau mandat. Celui-ci s'est d'ailleurs répondu aux questions des Internautes, lors d'un chat vidéo organisé par le site Toute l'Europe.fr, le journal Métro et le site de partage vidéo Dailymotion.
Des initiatives citoyennes ont vu le jour, au cours de la campagne, pour réclamer que l'élection du président de la Commission ne relève plus des Etats mais uniquement des partis politiques, comme le site "Who is your Candidate?", voire même pour demander, pétitions à l'appui, le départ du président Barroso ("Anyone but Barroso" ou "For a new EU Commission").