Parmi les outils innovants qui sont apparus au cours de la campagne des élections européennes, EU Profiler est probablement le plus remarquable. Il vous suffit de donner votre opinion sur une trentaine de thèmes de débats politiques pour que le système vous indique le parti dont vous êtes le plus proche, à l’échelle européenne comme au niveau de votre pays. Un peu plus d’un mois après son lancement, EU Profiler vient de dépasser le million de visiteurs, peut être venus trouver la réponse à une question que beaucoup de citoyens se posent : pour qui vais-je voter ?
Le système est gratuit, traduit en 24 langues et destiné à tous les citoyens de l’Union Européenne qui peuvent ainsi définir quasi scientifiquement leur profil politique. Sur les trente affirmations politiques, vingt-huit sont identiques à tous les pays de l’UE et deux sont propres à la politique nationale du pays de l’utilisateur. Pour chaque question, six possibilités d’exprimer son point de vue, entre « tout à fait d’accord » et « pas du tout d’accord » ou « sans opinion ». Un calcul sophistiqué situe ensuite votre position politique parmi 300 partis européens.
Le système suscite quelques interrogations sur la sélection des partis politiques représentés,comme l'a souligné le portail allemand Politik Digital dans un article sur le site du réseau pan européen de l'e-participation. Une sélection forcément subjective compte tenu du nombre de partis dans les 27 pays de l’Union, même si les concepteurs du système indiquent qu’ont été pris en compte les partis susceptibles de remporter des sièges au Parlement européen. Mais l’exercice mérite d’être salué comme l’une des initiatives les plus intéressantes de cette netcampagne 2009.
Ironie de l’histoire, ce système s’inspire du projet suisse « Smarvote » et a été développé sous la houlette du professeur bernois Alexander Trechsel, aujourd’hui chercheur au prestigieux Institut Universitaire Européen de Florence (Italie). Un suisse europhile qui rappelle avec pertinence que l’élection pour le Parlement européen reste « le plus monumental exercice démocratique au monde après l’Inde. »