Trois ans avant l'élection présidentielle du printemps 2012, le web politique se met en ordre de marche. Le lancement, le 26 février dernier, de plusieurs plateformes en ligne par le Modem en est la dernière illustration. L'expérience américaine a permis de comprendre qu'on ne pouvait avoir une stratégie Internet efficace six mois avant une élection et qu'il fallait, comme le souligne François Bayrou dans un entretien au Figaro, "construire une communauté de citoyens (...) pour rassembler toutes les intelligences, écouter leurs idées et leur donner si nécessaire une traduction politique".
Deux plateformes ont été présentées au Modem :
- Les démocrates.fr, qui, aux côtés du site officiel du parti, est présenté comme le média social des adhérents et des sympathisants du mouvement. On y trouve des blogs, une web-TV, des membres classés comme sur Facebook
- Le Forum démocrate, réservé aux seuls adhérents du parti, qui leur permet de partager leurs meilleures expériences de militantisme ou d'apprendre "à saluer les gens dans la rue", "à convaincre une électrice" ou "à organiser une réunion publique".
Même si le blog de Netpolitique regrette que "les stratégies des grands
partis consistent en un empilement d'outils Internet isolés les uns des
autres, et qui parfois se concurrencent",
nous assistons à une évolution importante du paysage de l'Internet politique français. En assumant, par exemple, la culture du "Beta testeur", c'est-à-dire d'une construction en évolution permanente, les architectes de ces outils contribuent à la mutation des partis politiques. Tous les partis, sans exception, tentent de construire ce que sera l'outil idéal de net-campagne. C'est encore désordonné, voire contradictoire, mais c'est un mouvement inéluctable.