Après la défaite de novembre, face à un Obama qui a su utiliser pleinement l'Internet pour mener campagne, les républicains se remettent en cause et cherchent à rattraper leur retard, "byte by byte" (octet par octet) sur les démocrates. Début février, le nouveau président du parti, Michael Steele, a organisé un sommet technologique rassemblant activistes, consultants et bloggeurs républicains pour une grande conférence de réflexion, d'échanges et de propositions. Les Républicains viennent de loin. "Lorsque j'ai proposé de lancer un blog racontant mon quotidien dans la campagne électorale de mon père, les responsables pensaient que je perdais mon temps" raconte Meghan McCain, la fille du candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre dernier sur son blog.
Au-delà du constat (les démocrates ont été plus innovants que les républicains lors des deux précédentes campagnes présidentielles), les républicains ont compris qu'ils ne pouvaient plus ignorer les outils du 21ème siècle. Deux jours après la victoire d'Obama, le site "Reconstruire le Parti, un plan pour le futur", était lancé pour rassembler militants et sympathisants républicains. D'emblée, il donne le ton "on ne peut combattre au 21ème siècle avec les armes du 20ème siècle". L'objectif est de recruter "une armée en ligne" de 5 millions d'activistes, de réorganiser les sections locales et les campagnes de terrain d'ici les élections générales de novembre 2010, d'adopter "un écosystème technologique ouvert" et de recruter une nouvelle génération de candidats. "Quand nous serons en 2010, je veux voir les campagnes là-dedans" a insisté Michael Steele en montrant son BlackBerry.
Les candidats à l'élection du Président du parti, le 31 janvier dernier, avaient largement utilisé Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux et Michael Steele, premier noir à être élu à ce poste, avait largement mis en avant pendant sa campagne les enjeux technologiques.
Huit années d'administration Bush ont ouvert un boulevard aux bloggueurs démocrates, les netroots (qu'on peut traduire par la génération du Net). Les bloggeurs républicains veulent susciter la même dynamique, en s'autoproclamant les rightroots (la génération de droite) pendant la présidence Obama. Comme le proclamait David All, fondateur de TechRepublican.com au dernier Forum eDémocratie, en octobre 2008, "notre heure est venue". Il l'a répété à la conférence républicaine : "L'Internet, c'est moi. C'est vous. C'est nous tous. C'est un lieu vivant, qui respire, où les gens passent une majorité de leur temps à faire des choses réelles, et à faire la différence".
Les Républicains n'ont pas encore trouvé leur Howard Dean ou leur Barack Obama. Mais ils peuvent apprendre vite de l'expérience démocrate, de leurs erreurs, et des tests menés au cours des dernières années.

