Montée en puissance de l'e-Pétition au Royaume-Uni ?
Au Royaume-Uni, les parlementaires et le gouvernement se disputent autour d'une question qui serait inimaginable dans de nombreuses autres démocraties : qui doit répondre aux pétitions des citoyens ? Le gouvernement, qui est traditionnellement destinataire des pétitions et qui peut afficher le succès de son système de pétitions en ligne qui a recueilli 29.000 pétitions et 5,5 millions de signature en un an ? Ou le Parlement qui veut être un "facilitateur" pour les e-Pétitions présentées par les habitants des circonscriptions ?
Il faut savoir que la pétition est un processus démocratique historique au Royaume-Uni. Depuis Richard II au XIVème siècle, la pétition existe comme "le droit inhérent de chaque homme du peuple" d'interpeller le pouvoir sur des questions spécifiques. Même s'elle reste contestée (une étude menée en 2003 indiquait que seuls 3 % des parlementaires la considérait comme efficace), la pétition a connu un spectaculaire regain de popularité en 2006 lorsqu'une pétition contre les taxes routières avait rassemblé un million de signataires et contraint le gouvernement à modifier sa politique dans ce domaine.
Lancé en novembre 2006, le système de pétition en ligne a rencontré un succès immédiat et a incité les parlementaires à s'y intéresser de plus près, estimant que cela pouvait "réduire le fossé entre les citoyens et le Parlement" et constituer "le début d'une transformation du parlement à l'ère numérique". Les initiatives prises par les parlements d'Ecosse et du Pays de Galles avaient déjà montré la voie.
Un rapport parlementaire, publié en mai dernier, estime ainsi que les parlementaires devaient être des "facilitateurs" pour les e-Pétitions signées par leurs électeurs. Les pétitions électroniques devraient être présentées au Parlement et le gouvernement devrait y répondre systématiquement dans les trois mois. Les parlementaires devraient même faire connaitre leur position sur les pétitions soumises et en débattre trois fois par an en séance publique.
Mais le système reste critiqué et de nombreux parlementaires s'y opposent, arguant d'une surcharge de travail, et estimant qu'il s'agit d'une mauvaise solution, les pétitions menant rarement au résultat escompté par leurs signataires. Ainsi, l'un d'entre eux n'a pas hésité à qualifié le système du 10 Downing Street d'être "au mieux, un placebo".

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